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janvier 9, 2012 Posté par equipe dans Positions

Le Président Sarkozy rassemble et les Verts divisent

Eva Joly semble décidément avoir une lecture très sélective de l'Histoire de France. L'été dernier, au moment même où nos soldats défendaient nos valeurs au péril de leur vie, en Afghanistan et ailleurs dans le monde, elle réclamait la suppression du défilé militaire du 14 juillet. L'incongruité de cette proposition avait choqué les républicains des deux rives. Cet hiver, la magistrate récidive en qualifiant Jeanne d'Arc de "symbole ultranationaliste" auquel elle préfère "les femmes héroïnes de la Résistance de la deuxième Guerre mondiale". Or, l’erreur de Madame Joly est précisément de distinguer l'une des autres.

Le grand Jaurès lui-même, dans son célèbre discours 'internationalisme et patriotisme", avait célébré la fougue de la pucelle au service de "la grande communauté de la patrie". Les plus grandes figures politiques du vingtième siècle (je pense notamment à Clemenceau, Charles de Gaulle et François Mitterrand) ont toujours fondé leur action sur le rassemblement et l'unité plutôt que sur le manichéisme et la division. Ce même Clemenceau, qui a d'ailleurs été l'élu d'un quartier cher à mon cœur, celui de Clignancourt, s'était fait acclamer par la gauche, à la Chambre des députés, en défendant l'idée selon laquelle l'Histoire de France était "un bloc dont on ne peut rien distraire" et qu'il faut accepter ou rejeter dans son intégralité. Marc Bloch, combattant de la Grande guerre et membre de la Résistance fusillé par les nazis, autorité morale incontestable, historien ayant démontré que le présent rejoint toujours le passé, reprenait ce point de vue dès 1940 dans l’Étrange défaite : " Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération." Le couronnement de Charles VII à Reims voulu par Jeanne d'Arc, l'unité de la Nation célébrée au Champ-de-Mars le 14 juillet 1790 et l'appel du 18 juin 1940 participent aux maillons d'une même chaîne : celle de notre pays.

Lorsque Nicolas Sarkozy célèbre le souvenir conjugué de Jeanne d'Arc, Jean Jaurès, Léon Blum, Guy Môquet et Charles de Gaulle, il ne commet pas un grand écart. Il assume ses responsabilités d'homme d’État. Il dépasse les clivages idéologiques. Il rassemble les citoyens.   

Le Président de la République est et doit rester le Président de tous les Français.


Pierre-Yves BOURNAZEL
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